LITTERATURE – Nana d’Emile Zola, 1880

RESUME : Dans les dernières années du Second Empire, quand Nana joue le rôle de Vénus au Théâtre des Variétés, son succès tient moins à son bien médiocre talent d’actrice qu’à la séduction de son corps nu, voilé d’une simple gaze. Elle aimante sur scène tous les regards comme elle attire chez elle tous les hommes : tentatrice solaire qui use de ses charmes pour mener une vie de luxure et de luxe, de paresse et de dépense. Quand le livre paraît au début de 1880, Flaubert confie son admiration à Zola qui a su faire que « Nana tourne au mythe sans cesser d’être réelle ». Grâce à elle, c’est tout un monde que le romancier parvient à évoquer, toute une époque et tout un style de vie. Par la peinture de cet univers de plaisirs, il fustige les vices d’une société corrompue, et ce neuvième volume des Rougon-Macquart est une satire cinglante des hautes sphères perverties par une fête qui ruine le peuple et détruit les valeurs. Et l’Empire bientôt va sombrer. 

COMMENTAIRE : S’inscrivant dans le mouvement naturaliste de la fin du XIXe siècle, Emile Zola, pour construire le personnage de Nana, a étudié la manière de vivre des demi-mondaines célèbres de son époque comme Blanche D’Antigny, Cora Pearl ou encore Hortense Schneider. Nous savons que la fameuse description du lit de Nana dans le roman est directement inspirée du magistral lit de Valtesse de La Bigne conservé aujourd’hui au Musée des Arts décoratifs de Paris.